Ashtavakra Gita – 4- 5 -6

L’Ashtavakra Gita est un Écrit très ancien de l’Advaita Vedanta qui relate le dialogue sur la nature du Soi, la Réalité et l’asservissement entre le sage Ashtavakra et le roi Janaka. Le texte insiste sur l’entière irréalité du monde extérieur et sur l’Absolue Unité de l’existence et ne prescrit aucune moralité ni devoirs.

LE CONNAISSANT

Dialogue 4 de 20

ASHTAVAKRA dit :

1.

Le sage qui a la connaissance de soi, jouant le jeu des réjouissances du monde,

ne ressemble en rien à ces bêtes de somme égarées dans le monde du samsara.

2.

Vraiment, le yogi ne ressent aucune émotion, même à l’idée d’être établi dans cet état auquel les Devas à partir d’Indra aspirent tous de façon inconsolable.

3.

Celui qui a connu Cela est intérieurement

indifférent aux actes bons ou mauvais,

tout comme le ciel n’est pas touché par la fumée quand bien même il peut sembler l’être.

4.

Qui peut empêcher la personne de grande âme qui a connu ce monde entier comme elle-même de vivre comme bon lui semble ?

5.

Parmi les quatre catégories d’êtres vivants, de Brahma jusqu’au dernier brin d’herbe, seul l’homme de connaissance est capable d’éliminer le désir et l’aversion.

6.

Rare est l’homme qui se sait lui-même comme Seigneur non-duel du monde, et celui qui sait cela n’a peur de rien.

PAIX

Dialogue 5 de 20
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ASHTAVAKRA dit :

1.

Il n‘y a rien qui te lie.

À quoi une personne pure comme toi devrait-elle renoncer ?

Mettant au repos l’organisme complexe, tu peux trouver ton repos.

2.

Tout cela émerge de toi comme une bulle de la mer.

Te connaissant ainsi toi-même n’étant qu’Un, tu peux trouver le repos.

3.

Bien que tout cela soit juste devant tes yeux, comme c’est sans substance, ça n’existe pas en toi qui est immaculé.

C’est une apparence comme celle du serpent dans la corde,

tu peux donc trouver le repos.

4.

Égal dans la douleur et dans le plaisir,

égal dans l’espérance et dans la déception,

égal dans la vie et dans la mort,

et complet que tu es,

tu peux trouver le repos.

CONNAISSANCE

Dialogue 6 de 20

ASHTAVAKRA dit :

1.

Je suis aussi infini que l’espace,

et le monde naturel est comme une jarre. Savoir cela est connaissance, il n’y a alors ni renoncement, ni acceptation ni dissolution.

2.

Je suis tel l’océan

et la multiplicité des objets est comparable à une vague. Savoir cela est connaissance, il n’y a alors ni renoncement, ni acceptation ni dissolution.

3.

Je suis telle la nacre

et le monde imaginaire est comme l’argent. Savoir cela est connaissance, il n’y a alors ni renoncement, ni acceptation ni dissolution.

4.

Autrement dit, je suis dans tous les êtres et tous les êtres sont en moi. Savoir cela est connaissance, il n’y a alors ni renoncement, ni acceptation ni dissolution.

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Ashtavakra Gita – 3

L’Ashtavakra Gita est un Écrit très ancien de l’Advaita Vedanta qui relate le dialogue sur la nature du Soi, la Réalité et l’asservissement entre le sage Ashtavakra et le roi Janaka. Le texte insiste sur l’entière irréalité du monde extérieur et sur l’Absolue Unité de l’existence et ne prescrit aucune moralité ni devoirs.

SAGESSE

Dialogue 3 de 20

ASHTAVAKRA dit :

1.

Se connaissant lui-même comme véritablement un et indestructible, comment un homme sage qui possède la connaissance de soi prendrait-il plaisir à acquérir des richesses ?

2.

En vérité, lorsqu’on ne se connaît pas soi-même, on prend plaisir dans les objets de la perception erronée de la même façon que l’avidité pour l’argent factice de la nacre prend naissance en celui qui la prend pour ce qu’elle n’est pas.

3.

Tout cela jaillit comme des vagues à la surface de l’océan.

En reconnaissant « je suis Cela » pourquoi courir partout comme quelqu’un dans le besoin ?

4.

Après s’être entendu dire que l’on est la conscience pure et le suprêmement beau, ira-t-on convoiter les objets sexuels méprisables ?

5.

Quand le sage a compris qu’il est lui-même dans tous les êtres et que tous les êtres sont en lui, il serait étonnant que son sens de l’individualité soit en mesure de continuer.

6.

Il serait étonnant qu’un homme qui a atteint l’état suprême de non-dualité et qui est déterminé à recevoir les bienfaits de la libération soit toujours sujet à la convoitise et attaché à l’activité sexuelle.

7.

Il serait étonnant que déjà très affaibli et sachant très bien que son excitation est l’ennemie de la connaissance, il soit encore nostalgique de la sensualité, même à l’approche de ses derniers jours.

8.

Il serait étonnant que celui qui est détaché des choses de ce monde ou du suivant, qui différencie le permanent de l’éphémère et qui souhaite ardemment la libération, ait toujours peur de la libération.

9.

Qu’il soit enchaîné ou tourmenté, le sage est toujours conscient de sa propre nature suprême et n’est ni satisfait ni déçu.

10.

La personne dont l’âme est grande voit même son propre corps dans l’action comme s’il s’agissait de celui d’un autre, alors comment pourrait-il être perturbé par la louange ou le blâme ?

11.

Comment l’âme forte qui, en voyant ce monde comme une pure illusion et en étant dépourvue de tout intérêt pour lui, pourrait-elle ressentir de la peur même à l’approche de la mort ?

12.

Qui est comparable à cette personne dont l’âme est grande, dont l’esprit est libre du désir même dans la déception, et qui a trouvé satisfaction dans la connaissance de Soi ?

13.

Comment celui dont l’esprit est fort, qui sait que ce qu’il voit n’est rien par nature, peut-il jamais penser devoir se saisir d’une chose ou devoir en rejeter une autre ?

14.

Pour qui a éliminé l’attachement et est exempt du dualisme et du désir, un objet de jouissance qui vient de lui-même n’est ni douloureux ni agréable.

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Ashtavakra Gita – 2

L’Ashtavakra Gita est un Écrit très ancien de l’Advaita Vedanta qui relate le dialogue sur la nature du Soi, la Réalité et l’asservissement entre le sage Ashtavakra et le roi Janaka. Le texte insiste sur l’entière irréalité du monde extérieur et sur l’Absolue Unité de l’existence et ne prescrit aucune moralité ni devoirs.

CONSCIENCE

Dialogue 2 de 20

JANAKA dit :

1.

En vérité, je suis immaculé et en paix, la conscience au-delà de la causalité naturelle. Tout ce temps mon affliction a été une chimère.

2.

De même que moi seul donne lumière à ce corps, j’éclaire le monde. Par conséquent, le monde entier est mien ou, autrement dit : rien n’est.

3.

Alors maintenant que j’ai abandonné le corps et tout le reste, par chance mon vrai moi devient apparent.

4.

Les vagues, la mousse et les bulles ne sont pas différentes de l’eau. De même tout ce qui a émané de soi-même, n’est autre que Soi-même.

5.

Quand on l’analyse, le tissu s’avère n’être que du fil. De même lorsqu’on analyse tout ceci on découvre que ce n’est autre que Soi-même.

6.

Tout comme le sucre produit à partir du jus de la canne à sucre est imprégné du même goût, tout ceci, qui émane de moi, est complètement imprégné de moi.

7.

C’est par l’ignorance de Soi-même que le monde prend naissance et par la connaissance de Soi-même qu’il n’apparaît plus. De la méconnaissance de ce qu’est la corde, un serpent semble apparaître et par la connaissance de celle-ci, il cesse d’exister.

8.

Etre radieux est ma nature essentielle, et je ne suis rien de plus que cela. Quand le monde s’illumine, c’est tout simplement moi qui resplendis.

9.

C’est en raison de l’ignorance que toute cette imagination apparaît en moi à la façon dont la corde semble être un serpent, le reflet sur l’eau s’apparente à la lumière du soleil et la nacre ressemble à de l’argent.

10.

Tout cela, qui a moi-même pour origine, se résorbe tout autant en moi comme une cruche redevient argile, une vague redevient eau et un bracelet redevient or.

11.

Quelle merveille je suis donc ! Gloire à moi, pour qui il n’y a pas de destruction, demeurant même au-delà de la destruction du monde de Brahma jusqu’au dernier brin d’herbe.

12.

Quelle merveille je suis donc ! Gloire à moi, solitaire, même si doté d’un corps, n’allant ni ne venant nulle part, moi qui demeure éternellement, remplissant tout ce qui est.

13.

Quelle merveille je suis donc ! Gloire à moi ! Personne n’est aussi habile que moi ! Moi qui ai porté tout ce qui est toujours, sans même y toucher avec mon corps !

14.

Quelle merveille je suis donc ! Gloire à moi ! Moi qui ne possède rien du tout ou bien qui possède tout ce dont la parole et l’esprit peuvent parler.

15.

Connaissance, ce qui doit être connu et le connaissant – ces trois n’existent pas en réalité. Je suis la réalité immaculée dans laquelle ils apparaissent en raison de l’ignorance.

16.

Vraiment le dualisme est la racine de la souffrance.

Il n’existe nul autre remède hormis prendre conscience que tout ce que nous voyons est irréel et que je suis la seule réalité immaculée, composé de conscience.

17.

Je suis pure conscience cependant par ignorance, je me suis imaginé être doté d’attributs supplémentaires.

Méditer ainsi continuellement fait que ma demeure est dans Ce qui n’est pas imaginé.

18.

Pour moi il n’y a ni servitude ni libération. L’illusion a perdu son fondement et a cessé. Vraiment tout cela existe en moi, bien qu’en fin de compte cela n’existe même pas en moi.

19.

Prenant conscience que tout cela, y compris mon corps, n’est rien, tandis que mon vrai moi n’est autre que pure conscience, que reste-t-il à l’imagination pour s’évertuer dessus ?

20.

Le corps, le ciel et l’enfer, la servitude et la libération et la peur aussi, tout cela est pure imagination. Que me reste-t-il à faire, moi dont la nature même est la conscience ?

21.

Je ne perçois même pas de dualisme dans une foule de gens, alors qu’ai-je à y gagner si elle est remplacée par un désert ?

22.

Je ne suis pas plus le corps qu’il n’est mien. Je ne suis pas un être vivant. Je suis la conscience. Ma soif de vivre a été mon asservissement.

23.

Vraiment, c’est dans l’océan infini de moi-même, stimulé par les vagues colorées du monde, que soudainement se lève le vent de la conscience.

24.

Dans l’océan infini de ce que je suis, le vent de la pensée s’apaise et le bateau du monde où naviguent les êtres vivants, les négociants, fait naufrage par manque de marchandises.

25.

Comme il est merveilleux que dans l’océan infini de moi-même les vagues d’êtres vivants se soulèvent, se heurtent, jouent puis disparaissent selon leur nature.

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Ashtavakra Gita

L’Ashtavakra Gita est un Écrit très ancien de l’Advaita Vedanta qui relate le dialogue sur la nature du Soi, la Réalité et l’asservissement entre le sage Ashtavakra et le roi Janaka. Le texte insiste sur l’entière irréalité du monde extérieur et sur l’Absolue Unité de l’existence et ne prescrit aucune moralité ni devoirs.

Aux yeux de l’Ashtavakra, notre véritable identité, le Soi n’est pas plus contenu dans les objets que les objets n’existent en Lui. Il est sans forme et peut être découvert simplement en reconnaissant notre Être véritable en tant que Soi témoin. Tout le reste est illusion – le petit soi, le monde, l’univers. Toutes ces choses prennent naissance avec la pensée « je », l’idée d’une identité distincte. Ce petit « je », invente le monde matériel que, dans notre ignorance, nous nous efforçons de maintenir. Oubliant notre Unité originelle, fermement liés à notre séparation imaginaire, nous passons notre vie, dominés par un sentiment trompeur du but de la vie et des valeurs. Constamment limités par notre habitude de l’individualité, créatures des préférences et du désir, nous mettons continuellement les choses en opposition les unes aux les autres jusqu’à ce que le mal et la détresse dus au choix nous consument entièrement. Mais notre véritable nature est pure et Conscience sans choix. Notre accomplissement est déjà et toujours établi. Quand cette connaissance se fait jour, le désir s’évanouit. N’étant attaché à rien, on devient silencieux.

SOI

Dialogue 1 de 20

JANAKA dit :

1. Comment acquérir la connaissance ? Comment atteindre la libération ? Et comment gagner l’état de détachement ? Dis-le-moi, s’il te plaît.

ASHTAVAKRA dit :

2. Si tu recherches la libération, mon fils, évite les objets des sens comme du poison et, cultive comme antidote la tolérance, la sincérité, la compassion, la modération et la vérité.

3. Tu n’es composé d’aucun élément – la terre, l’eau, le feu, l’air, ni même l’éther. Pour être libéré, connais-toi toi-même comme étant composé de la conscience, leur témoin.

4. Si tu parviens juste à rester au repos dans la conscience, te percevant toi-même comme distinct de ton corps, alors maintenant-même tu deviens heureux, paisible et libre des liens.

5. Tu n’appartiens pas à la caste des prêtres ni à nulle autre caste, tu n’es à aucune étape et tu n’es pas perceptible à l’œil.

Tu es sans attache et sans forme, le témoin de toute chose – alors sois heureux.

6. Vertu ou vice, plaisir ou douleur, ne sont que le produit du mental et ne te concernent pas. Tu n’es ni celui qui agit, ni celui qui recueille les conséquences, tu es donc toujours libre.

7. Tu es le témoin unique de toute chose et tu es toujours totalement libre. La cause de ton asservissement est que tu vois le témoin comme étant autre.

8. Comme tu as été mordu par le serpent noir et que tu as foi en ce concept faux : « Je suis celui qui agit » bois l’antidote de la foi dans le fait que « Je ne suis pas celui qui agit » et soit heureux.

9. Au moyen du feu de la compréhension : « Je suis l’unique pure conscience » réduis la forêt de l’ignorance en cendres et sois heureux et libre de l’affliction.

10. Cela en qui tout ceci apparait est imaginé à la façon dont on voit un serpent dans une corde ;

cette joie, suprême joie et pure conscience est ce que tu es,

11. Si l’on se croit libre, on est libre et si l’on se croit attaché, on est attaché. Ici, cet adage est vrai : « Le croire, c’est l’être ».

12. Ta nature réelle est telle le Un, parfait, libre et conscience dénuée d’action ou témoin universel – détaché de tout, sans désir et en paix.

C’est par le fait d’illusion que tu sembles impliqué dans le samsara.

13. Médite sur toi-même en tant que conscience immobile, libre de tout dualisme tout en renonçant à l’idée fausse selon laquelle tu serais juste une conscience détournée ou quoi que ce soit d’externe ou d’interne.

14. Tu as longtemps été pris au piège de l’identification au corps. Rompt avec elle au moyen de la lame tranchante de la connaissance :

« Je suis la conscience »

15. Tu es en réalité déjà détaché et sans agir, déjà éclairé et immaculé. La cause de ton asservissement vient de ce que tu persistes à essayer de calmer le mental.

16. Tout cela en fait est empli de toi et déployé en toi, car ce dont tu es fait est pure conscience – alors ne sois pas étroit d’esprit.

17. Tu es inconditionné et immuable, sans forme et inébranlable, conscience insondable et imperturbable, alors ne te réfères à rien d’autre qu’à la conscience.

18. Vois que ce qui est apparent est irréel, tandis que le non-manifesté est Éternel. Grâce à cette initiation à la Vérité, tu échapperas à la rechute dans l’irréalité.

19. De même qu’un miroir existe à la fois dans ses propres images reflétées et au-dehors d’elles,

le Seigneur Suprême existe partout à l’intérieur et en dehors de ce corps.

20. De même qu’un seul et même espace universel existe à l’intérieur et autour d’une jarre, ainsi

l’Éternel et Immortel Dieu existe dans la Totalité des choses.

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