Ashtavakra Gita

L’Ashtavakra Gita est un Écrit très ancien de l’Advaita Vedanta qui relate le dialogue sur la nature du Soi, la Réalité et l’asservissement entre le sage Ashtavakra et le roi Janaka. Le texte insiste sur l’entière irréalité du monde extérieur et sur l’Absolue Unité de l’existence et ne prescrit aucune moralité ni devoirs.

Aux yeux de l’Ashtavakra, notre véritable identité, le Soi n’est pas plus contenu dans les objets que les objets n’existent en Lui. Il est sans forme et peut être découvert simplement en reconnaissant notre Être véritable en tant que Soi témoin. Tout le reste est illusion – le petit soi, le monde, l’univers. Toutes ces choses prennent naissance avec la pensée « je », l’idée d’une identité distincte. Ce petit « je », invente le monde matériel que, dans notre ignorance, nous nous efforçons de maintenir. Oubliant notre Unité originelle, fermement liés à notre séparation imaginaire, nous passons notre vie, dominés par un sentiment trompeur du but de la vie et des valeurs. Constamment limités par notre habitude de l’individualité, créatures des préférences et du désir, nous mettons continuellement les choses en opposition les unes aux les autres jusqu’à ce que le mal et la détresse dus au choix nous consument entièrement. Mais notre véritable nature est pure et Conscience sans choix. Notre accomplissement est déjà et toujours établi. Quand cette connaissance se fait jour, le désir s’évanouit. N’étant attaché à rien, on devient silencieux.

SOI

Dialogue 1 de 20

JANAKA dit :

1. Comment acquérir la connaissance ? Comment atteindre la libération ? Et comment gagner l’état de détachement ? Dis-le-moi, s’il te plaît.

ASHTAVAKRA dit :

2. Si tu recherches la libération, mon fils, évite les objets des sens comme du poison et, cultive comme antidote la tolérance, la sincérité, la compassion, la modération et la vérité.

3. Tu n’es composé d’aucun élément – la terre, l’eau, le feu, l’air, ni même l’éther. Pour être libéré, connais-toi toi-même comme étant composé de la conscience, leur témoin.

4. Si tu parviens juste à rester au repos dans la conscience, te percevant toi-même comme distinct de ton corps, alors maintenant-même tu deviens heureux, paisible et libre des liens.

5. Tu n’appartiens pas à la caste des prêtres ni à nulle autre caste, tu n’es à aucune étape et tu n’es pas perceptible à l’œil.

Tu es sans attache et sans forme, le témoin de toute chose – alors sois heureux.

6. Vertu ou vice, plaisir ou douleur, ne sont que le produit du mental et ne te concernent pas. Tu n’es ni celui qui agit, ni celui qui recueille les conséquences, tu es donc toujours libre.

7. Tu es le témoin unique de toute chose et tu es toujours totalement libre. La cause de ton asservissement est que tu vois le témoin comme étant autre.

8. Comme tu as été mordu par le serpent noir et que tu as foi en ce concept faux : « Je suis celui qui agit » bois l’antidote de la foi dans le fait que « Je ne suis pas celui qui agit » et soit heureux.

9. Au moyen du feu de la compréhension : « Je suis l’unique pure conscience » réduis la forêt de l’ignorance en cendres et sois heureux et libre de l’affliction.

10. Cela en qui tout ceci apparait est imaginé à la façon dont on voit un serpent dans une corde ;

cette joie, suprême joie et pure conscience est ce que tu es,

alors sois heureux.

11. Si l’on se croit libre, on est libre et si l’on se croit attaché, on est attaché. Ici, cet adage est vrai : « Le croire, c’est l’être ».

12. Ta nature réelle est telle le Un, parfait, libre et conscience dénuée d’action ou témoin universel – détaché de tout, sans désir et en paix.

C’est par le fait d’illusion que tu sembles impliqué dans le samsara.

13. Médite sur toi-même en tant que conscience immobile, libre de tout dualisme tout en renonçant à l’idée fausse selon laquelle tu serais juste une conscience détournée ou quoi que ce soit d’externe ou d’interne.

14. Tu as longtemps été pris au piège de l’identification au corps. Rompt avec elle au moyen de la lame tranchante de la connaissance :

« Je suis la conscience »

et sois heureux mon fils.

15. Tu es en réalité déjà détaché et sans agir, déjà éclairé et immaculé. La cause de ton asservissement vient de ce que tu persistes à essayer de calmer le mental.

16. Tout cela en fait est empli de toi et déployé en toi, car ce dont tu es fait est pure conscience – alors ne sois pas étroit d’esprit.

17. Tu es inconditionné et immuable, sans forme et inébranlable, conscience insondable et imperturbable, alors ne te réfères à rien d’autre qu’à la conscience.

18. Vois que ce qui est apparent est irréel, tandis que le non-manifesté est Éternel. Grâce à cette initiation à la Vérité, tu échapperas à la rechute dans l’irréalité.

19. De même qu’un miroir existe à la fois dans ses propres images reflétées et au-dehors d’elles,

le Seigneur Suprême existe partout à l’intérieur et en dehors de ce corps.

20. De même qu’un seul et même espace universel existe à l’intérieur et autour d’une jarre, ainsi

l’Éternel et Immortel Dieu existe dans la Totalité des choses.

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2 commentaires sur « Ashtavakra Gita »

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