Ashtavakra Gita – 2

L’Ashtavakra Gita est un Écrit très ancien de l’Advaita Vedanta qui relate le dialogue sur la nature du Soi, la Réalité et l’asservissement entre le sage Ashtavakra et le roi Janaka. Le texte insiste sur l’entière irréalité du monde extérieur et sur l’Absolue Unité de l’existence et ne prescrit aucune moralité ni devoirs.

CONSCIENCE

Dialogue 2 de 20

JANAKA dit :

1.

En vérité, je suis immaculé et en paix, la conscience au-delà de la causalité naturelle. Tout ce temps mon affliction a été une chimère.

2.

De même que moi seul donne lumière à ce corps, j’éclaire le monde. Par conséquent, le monde entier est mien ou, autrement dit : rien n’est.

3.

Alors maintenant que j’ai abandonné le corps et tout le reste, par chance mon vrai moi devient apparent.

4.

Les vagues, la mousse et les bulles ne sont pas différentes de l’eau. De même tout ce qui a émané de soi-même, n’est autre que Soi-même.

5.

Quand on l’analyse, le tissu s’avère n’être que du fil. De même lorsqu’on analyse tout ceci on découvre que ce n’est autre que Soi-même.

6.

Tout comme le sucre produit à partir du jus de la canne à sucre est imprégné du même goût, tout ceci, qui émane de moi, est complètement imprégné de moi.

7.

C’est par l’ignorance de Soi-même que le monde prend naissance et par la connaissance de Soi-même qu’il n’apparaît plus. De la méconnaissance de ce qu’est la corde, un serpent semble apparaître et par la connaissance de celle-ci, il cesse d’exister.

8.

Etre radieux est ma nature essentielle, et je ne suis rien de plus que cela. Quand le monde s’illumine, c’est tout simplement moi qui resplendis.

9.

C’est en raison de l’ignorance que toute cette imagination apparaît en moi à la façon dont la corde semble être un serpent, le reflet sur l’eau s’apparente à la lumière du soleil et la nacre ressemble à de l’argent.

10.

Tout cela, qui a moi-même pour origine, se résorbe tout autant en moi comme une cruche redevient argile, une vague redevient eau et un bracelet redevient or.

11.

Quelle merveille je suis donc ! Gloire à moi, pour qui il n’y a pas de destruction, demeurant même au-delà de la destruction du monde de Brahma jusqu’au dernier brin d’herbe.

12.

Quelle merveille je suis donc ! Gloire à moi, solitaire, même si doté d’un corps, n’allant ni ne venant nulle part, moi qui demeure éternellement, remplissant tout ce qui est.

13.

Quelle merveille je suis donc ! Gloire à moi ! Personne n’est aussi habile que moi ! Moi qui ai porté tout ce qui est toujours, sans même y toucher avec mon corps !

14.

Quelle merveille je suis donc ! Gloire à moi ! Moi qui ne possède rien du tout ou bien qui possède tout ce dont la parole et l’esprit peuvent parler.

15.

Connaissance, ce qui doit être connu et le connaissant – ces trois n’existent pas en réalité. Je suis la réalité immaculée dans laquelle ils apparaissent en raison de l’ignorance.

16.

Vraiment le dualisme est la racine de la souffrance.

Il n’existe nul autre remède hormis prendre conscience que tout ce que nous voyons est irréel et que je suis la seule réalité immaculée, composé de conscience.

17.

Je suis pure conscience cependant par ignorance, je me suis imaginé être doté d’attributs supplémentaires.

Méditer ainsi continuellement fait que ma demeure est dans Ce qui n’est pas imaginé.

18.

Pour moi il n’y a ni servitude ni libération. L’illusion a perdu son fondement et a cessé. Vraiment tout cela existe en moi, bien qu’en fin de compte cela n’existe même pas en moi.

19.

Prenant conscience que tout cela, y compris mon corps, n’est rien, tandis que mon vrai moi n’est autre que pure conscience, que reste-t-il à l’imagination pour s’évertuer dessus ?

20.

Le corps, le ciel et l’enfer, la servitude et la libération et la peur aussi, tout cela est pure imagination. Que me reste-t-il à faire, moi dont la nature même est la conscience ?

21.

Je ne perçois même pas de dualisme dans une foule de gens, alors qu’ai-je à y gagner si elle est remplacée par un désert ?

22.

Je ne suis pas plus le corps qu’il n’est mien. Je ne suis pas un être vivant. Je suis la conscience. Ma soif de vivre a été mon asservissement.

23.

Vraiment, c’est dans l’océan infini de moi-même, stimulé par les vagues colorées du monde, que soudainement se lève le vent de la conscience.

24.

Dans l’océan infini de ce que je suis, le vent de la pensée s’apaise et le bateau du monde où naviguent les êtres vivants, les négociants, fait naufrage par manque de marchandises.

25.

Comme il est merveilleux que dans l’océan infini de moi-même les vagues d’êtres vivants se soulèvent, se heurtent, jouent puis disparaissent selon leur nature.

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