Connaître tout le contenu d’une pensée – 24 décembre
N’être rien est le commencement de la liberté.
Donc, si vous êtes capable de percevoir, d’approfondir cela, vous vous apercevrez, à mesure que votre conscience s’affine, que vous n’êtes pas libre, que vous êtes lié à une multitude de choses diverses, et qu’en même temps, votre esprit nourrit l’espoir d’être libre.
Et vous constaterez que ces deux tendances sont contradictoires.
Il faut donc que l’esprit examine pourquoi il s’accroche aux choses.
Et c’est une rude tâche. C’est bien plus difficile que d’aller au bureau, plus dur que n’importe quel effort physique, plus ardu que toutes les sciences réunies.
Car l’esprit qui est humble, intelligent s’intéresse à lui-même sans être égocentrique; il est donc forcément extraordinairement alerte, attentif, et cela suppose un réel travail, de chaque jour, chaque heure, chaque minute…
Cela exige tout un labeur persévérant, car la liberté n’est pas aisée à obtenir.
Tout lui fait obstacle :
votre femme,
votre mari,
votre fils,
votre voisin,
vos dieux,
vos religions,
votre tradition.
Tout cela vous entrave,
mais c’est vous qui en êtes responsable, car vous voulez la sécurité. Et l’esprit qui cherche la sécurité ne la trouvera jamais.
Si vous avez quelque peu observé le monde, vous savez bien que la sécurité n’existe pas.
Le mari vient à mourir, ou la femme, ou le fils – il arrive toujours quelque chose. La vie n’est pas statique, car toute vie est mouvement. C’est une chose qu’il faut bien saisir, une vérité qu’il faut bien voir, bien ressentir, ce n’est pas un sujet de débat.
Alors vous verrez, à mesure que vous commencez à explorer, que cela est réellement un processus de méditation.
Mais ne vous laissez pas hypnotiser par ce mot.
Avoir conscience de chaque pensée, savoir quelle en est la source, et quel en est le but –
voilà ce qu’est la méditation.
Et connaître une seule pensée dans tout son contenu suffit à dévoiler l’ensemble du mécanisme de l’esprit.
Krishnamurti, Jiddu. Le livre de la méditation et de la vie (Essais – Documents) (French Edition) . Stock. Édition du Kindle.
Pouvons-nous mettre tout de suite fin à cette misère et ne plus être emportés par la vague de confusion et de douleur ?
« Ainsi, notre problème, à vous et à moi, est de savoir si nous pouvons sortir de cette misère instantanément, si, vivant dans le monde, mais refusant d’en faire partie, nous pouvons aider les autres à sortir de la confusion, non pas dans l’avenir, non pas demain, mais maintenant. »
De grands instructeurs tels que le Bouddha ou le Christ sont venus; ils ont accepté la foi des autres, alors qu’ils étaient peut-être, eux-mêmes, affranchis de la confusion et de la douleur. Mais ils n’ont jamais mis fin à la douleur, ils n’ont jamais empêché la confusion de se produire.
La douleur se perpétue, la confusion se perpétue.
Et si, voyant ce désordre social et économique, vous vous réfugiez dans ce qu’on appelle la vie religieuse et abandonnez le monde, vous pouvez peut-être avoir ainsi le sentiment d’atteindre ces grands maîtres, mais le monde continue dans sa destruction chaotique, dans l’incessante souffrance de ses riches et de ses pauvres.
Ainsi, notre problème, à vous et à moi, est de savoir si nous pouvons sortir de cette misère instantanément, si, vivant dans le monde, mais refusant d’en faire partie, nous pouvons aider les autres à sortir de la confusion, non pas dans l’avenir, non pas demain, mais maintenant. Tel est notre problème. La guerre arrive, probablement, plus destructrice, plus horrible que les précédentes. Certes, nous ne pouvons pas l’éviter car ses causes sont trop puissantes et trop directement en action.
Mais vous et moi pouvons percevoir immédiatement cette confusion et cette misère.
Nous devons les percevoir; et nous serons alors à même d’éveiller d’autres personnes à cette même compréhension de la vérité.
En d’autres termes, pouvez-vous être libres instantanément ?
Car c’est la seule façon de sortir de cette misère. La perception ne peut avoir lieu que dans le présent, mais si vous dites: je le ferai demain, la vague de confusion vous submerge et vous demeurez dans la confusion.
Est-il possible de parvenir à cet état où l’on perçoit instantanément la vérité, et où, par conséquent, on met fin à la confusion?
Je dis que c’est possible et que c’est la seule voie. Je dis – et ce n’est ni une supposition ni une croyance – que cela peut être fait et que cela doit être fait.
Provoquer cette extraordinaire révolution – qui ne consiste pas à se débarrasser des capitalistes et à mettre un autre groupe au pouvoir – engendrer cette merveilleuse transformation, qui est la seule vraie révolution, voilà le problème. Ce qu’en général on appelle révolution n’est que la modification ou le prolongement de la droite, selon les idées de la gauche. La gauche, en somme, n’est que la continuation de la droite sous une forme modifiée. Si la droite est basée sur des valeurs sensorielles, la gauche n’est qu’une persistance de ces mêmes valeurs, différentes seulement en degré et en expression.
Par conséquent, la vraie révolution ne peut avoir lieu que lorsque vous, l’individu, devenez lucide dans vos rapports avec autrui.
Ce que vous êtes dans vos rapports avec autrui, avec votre femme, votre enfant, votre employeur, votre voisin, constitue la société. La société en soi n’existe pas.
La société est ce que vous et moi, dans nos relations réciproques, avons créé; c’est la projection extérieure de tous nos états psychologiques intérieurs.
Donc si vous et moi ne nous comprenons pas nous-mêmes, transformer le monde extérieur, lequel est la projection de l’intérieur, est une entreprise vaine: les modifications ou transformations qu’on peut y apporter ne sont pas réelles.
Si je suis dans la confusion en ce qui concerne mes rapports humains, je crée une société qui est la réplique de cette confusion, l’expression extérieure de ce que je suis.
Ce fait est évident mais nous pouvons le discuter.
Nous pouvons discuter la question de savoir si la société, l’expression extérieure, m’a produit ou si c’est moi qui ai produit la société.
N’est-ce donc pas un fait évident que ce que je suis dans mes rapports avec autrui crée la société et que, si je ne me transforme pas moi-même radicalement il ne peut y avoir aucune transformation dans la fonction essentielle de la société?
Lorsque nous comptons sur un système pour transformer la société, nous ne faisons qu’éluder la question;
un système ne peut pas modifier l’homme, c’est l’homme qui altère toujours le système, ainsi que le démontre l’Histoire.
Tant que dans mes rapports avec vous, je ne me comprends pas moi-même,
je suis la cause du chaos,
des malheurs,
des destructions,
de la peur,
de la brutalité.
Et me comprendre n’est pas affaire de temps; je puis me comprendre qu’en ce moment même.
Si je dis: je me comprendrai demain, j’introduis le chaos, mon action est destructrice.
Dès que je dis : je me comprendrai, j’introduis l’élément temps et je suis emporté par la vague de destruction.
La compréhension est « maintenant » et non demain.
Demain est pour l’esprit paresseux, apathique, indifférent. Si une chose vous intéresse, vous la faites instantanément, il y a une compréhension immédiate, une immédiate transformation.
Si vous ne changez pas maintenantvous ne changerez jamaisparce que le changement remis au lendemain ne sera qu’une modification et non une transformation.
Une transformation ne peut se produire qu’immédiatement; la révolution est maintenant, non demain.
Lorsque cela arrive, vous êtes complètement sans problèmes, car alors le moi ne se préoccupe pas de lui-même; alors vous êtes au-delà de la vague de destruction.
La première et la dernière liberté -Introduction (fin) Jiddu Krishnamurti (1895-1986).
Non pas au corps physique ou mental de Pierre, Jean ou Jacques, ni de Marie, Denise ou Sylvie, simple image construite par toi pour camoufler ce que tu es en vérité, il est dit que, bien au delà de ce qui peut être perçu et qui pourtant est si près, juste là, déjà en toi, déjà là, réside en ce non lieu cette Vérité qui est toi, intouchée, intouchable, immuable inchangeable, non limitée…éternelle et sans nom.
Tu n’es pas, n’as jamais été et tu ne seras jamais ce corps, ce nom, cette profession, ce titre, cette maladie,
ce sentiment
d’impuissance
de peine
de regret
de manque
de solitude etc…
cette peur
de laisser ou d’être laissé pour compte
d’abandonner ou d’être abandonné
d’accepter ce qui est
de lâcher prise de ce qui est
Toutes ces images, tous ces concepts
Ça ne peut pas être toi!
Car tout ça est éphémère, périssable et a fait naître le temps et dans le temps, tout commencement a une fin. Mais la Vie en toi, Qui est ce que tu es en vérité, Cette vie n’a pas de fin car Elle était avant que ce petit tas de poussière ne prenne forme, sinon comment cette forme aurait pu prendre forme ?
La Vie est, tout simplement!
Et derrière toutes ces images que tu as faites de toi, tous ces concepts
de mère, de père,
de conjoint, de fille, de frère, de sœur,
de tante ou d’oncle, de grand-mère ou de future grand-mère,
de travaillante, persévérante, courageux,
de pauvre, de victime, de malade, de vaurien, de menteur,
de femme de tête, d’homme d’affaire, fort, indépendant…etc…
TOUS ces concepts, regardes les bien en face, pour ce qu’ils sont, tel qu’ils sont…des concepts et ajoutes tous ceux qui ont été omis et qui semblent te concerner par ce que :
Une illusion est TOUTES les illusions.
Tu n’as rien à voir avec l’éphémère, tu n’es rien de TOUT ce que tu peux imaginer – RIEN – de tout ce que tu penses ou perçois n’est toi et simultanément tu es TOUT… et tout ce perçu, toutes ces images, ces concepts,
toutes ces provocations qui semblent t’être données par la Vie, ne sont que des échos de la Voix pour Dieu, faites par toi… pour te rappeler à Lui. Et ça n’a rien à voir avec la mort du corps.
Car la mort du corps n’est rien d’autre que la mise au rancart d’un outils qui n’est plus utile à l’expression de ce que l’esprit croit devoir servir en ce monde :
L’amour ou la peur ?
« Tu es le moyen désigné par Dieu pour le salut du monde. »
UCEM – L-I.63.3:5
Tu peux mourir et tu dois mourir…mourir à toutes identifications à ces images, concepts, croyances…illusions,
car la mort c’est maintenant que tu la vis si tu persistes à croire être ce que tu n’es pas.
Mais mourir à tout ceci, mourir à toutes ces illusions c’est vivre libéré, car sans attaches ni identifications à quoi que ce soit sur terre ou n’importe où, c’est être libre et ce n’est qu’en cette seule Liberté qu’il est possible de continuer l’expérience d’un vie sans souffrance dans ce monde.
Cette Vérité qui réside au delà du perçu, au delà des mots et de la forme…
c’est Ce que tu es!
Svp, ne crois rien de tout ça, sans regarder, écouter, voir et expérimenter par toi même
L’éternel-universel, l’unité peut et doit être reconnue en tout ce qui est, mais elle ne peut être reconnue tant que tu portes en toi cette croyance que la diversité des formes du monde physique-éphémère et divisé est la vérité !
« Vous ÊTES le Soi, ici maintenant. Laissez le mental à lui-même, soyez conscient mais non concerné, et vous réaliserez que d’être vigilant et détaché, de regarder les choses venir puis passer, est un aspect de votre vraie nature. »
SRI NISRGADATTA MAHARAJ Extrait du livre « Je suis »